Forum International 2019 : l’appel a candidatures est lancé !

 

En 2019, le thème retenu pour le projet porté par l’ONG Urbanistes du Monde et Urbanistes de Transition (Association « Villes et Décroissance ») est : « Urgence démographique & urgence écologique : Quels urbanismes de transition ? ».

Il vise à parrainer des étudiants et jeunes professionnels en urbanisme pour réaliser des enquêtes de terrain dans une quinzaine de villes, afin de recueillir des observations et des témoignages sur les initiatives qu’elles mettent en œuvre pour faire face aux urgences écologiques et démographiques.

Ces enquêtes d’un mois auront lieu au cours de l’été 2019 et donneront lieu à la rédaction de rapports et d’une synthèse comparative, qui seront présentés au cours d’un forum international en Octobre 2019.

La date limite pour se porter candidat est fixée au 30 mars.

Pour plus d’informations cliquez sur le lien ci-après !

S’informer et candidater

Forum 2017: Trois études de cas présentées dans la revue Raisonnance

Le numéro de septembre 2018 de Raisonnance, la revue de l’Association Internationale des Maires Francophone (AIMF), met à l’honneur trois études de cas préparées dans le cadre du Forum 2017 d’Urbanistes du Monde sur la thématique « Nouvelles approches pour le financement des villes du Sud ». Ces études de cas nous emmènent à Casablanca au Maroc, Mumbai en Inde et Beijing en Chine.

Vous pouvez consulter l’intégralité du numéro sur le site de l’AIMF et également télécharger l’article. Bonne lecture !

Accéder à l’article

Interview de Laura Zimmerman, le quartier de la Macarena à Bogota

Sandy Kumar, membre de notre CA, a rencontré notre contact local Laura Zimmerman à Bogota. Retour sur cette balade urbaine dans le quartier de la Macarena, localisé entre l’université de Macarena, celle de Mayor de Cundinamarca et le parc de l’Indépendance. Ce quartier est un peu enclavé, et accessible facilement en voiture. l’autoroute et un echangeur dessinent une frontière physique pour un cheminement en mode doux. Anciennement quartier ouvrier, il est  marqué par de nombreux contrastes et caractérisé par des facettes éclectiques

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Après mes études à Sciences-Po Paris et le double master en Stratégies Urbaines et Territoriales avec la London School of Economics, j’ai décidé de débuter ma vie professionnelle à Bogotá en Colombie. Un échange universitaire quelques années plus tôt à la UNAM à Mexico City m’avait définitivement intéressée aux problématiques des villes latino-américaines, en particulier liées à l’aménagement du territoire et à l’accès (souvent informel) au logement.

Une fois sur place, j’ai rapidement décroché une opportunité dans une ONG colombienne spécialisée dans les projets d’habitat pour populations à bas revenus et/ou déplacées. Quelques années plus tard, j’ai décidé de devenir consultante indépendante. Les contrats ponctuels avec ONGs locales, institutions internationales (ONU-Habitat), cabinets d’urbanistes et universités m’ont permis d’allier théorie et pratique et de garder un pied dans le monde académique. En parallèle de cours à l’université, je travaille actuellement pour la Mairie de Bogotá sur un programme d’échange de bonnes pratiques internationales, et suis par ailleurs responsable de la concertation du nouveau plan de récupération du centre historique avec les différents acteurs publics, privés et de la société civile.

Comment peux-tu qualifier la ville de Bogota au vu de son histoire?

Bogotá est une ville complexe, qui demande du temps pour l’apprivoiser et apprendre à l’aimer. Comme toute capitale, Bogota a été l’épicentre de l’histoire du pays, de la colonisation à l’indépendance, les multiples guerres civiles entre libéraux et conservateurs, ou encore le Bogotazo suite à l’assassinat du chef de l’opposition libérale en 1948, donnant lieu à un soulèvement populaire et la destruction partielle du centre historique. Les cinquante deux dernières années de conflit armé l’ont également profondément marquée, devenant la principale cible d’attentats en même temps que lieu d’accueil de milliers de personnes chassées des campagnes.

Bogota, surnommée l’Athènes d’Amérique du Sud à la fin du XIX siècle, est aussi la ville du premier aéroport de la région, de grands chantiers de l’urbanisme moderne, et de projets urbains qui ont inspiré nombre de villes du sud depuis le début des années 2000, comme son système de transport public Transmilenio, ses bibliothèques publiques, initiatives de culture citoyenne ou pistes cyclables. En résumé, Bogota est un paradoxe en perpétuel mouvement, une ville aux multiples visages. Si elle s’ouvre aujourd’hui au monde et au boom des investissements étrangers, la capitale colombienne reste marquée par de profondes inégalités socio-spatiales et fait face à de nombreux défis dans le contexte de la construction d’une paix durable.

Quelles sont les dynamiques récentes de la ville ?

J’en nommerais cinq:

Centre vs périphérie. Ces dernières années, un des principaux axes du débat politique a été celui de savoir si continuer à étaler la ville ou promouvoir la densité urbaine. Cette question touche à de nombreuses problématiques structurelles de Bogota, comme l’urbanisation informelle en périphérie qui reprends de la vigueur depuis les années 1990, aux cotés de nouveaux projets de logement social subventionnés par l’Etat à la recherche de foncier à bas coût. Si bien les maires ont alterné les décisions en la matière, cette situation reflète surtout un pays où la possession de la terre est un gage de réussite et de sécurité, et où les pouvoirs publics sont soumis aux intérêts des promoteurs immobiliers.

Ségrégation vs mixité sociale. Intimement liée à la précédente, la ségrégation socio-spatiale, qui autrefois divisait la ville entre le Nord et le Sud, connaît aujourd’hui des manifestations plus subtiles à l’échelle de quartiers, entrouvrant la possibilité d’une mixité sociale. Cependant, ce phénomène de « retour » des classes moyennes-supérieures à certaines zones centrales (souvent en locatif), ou de migration vers la périphérie populaire en accédant à la propriété, est d’abord le résultat de la spéculation immobilière. D’importants instruments de gestion urbaine et sociale seront nécessaires pour permettre aux populations à bas revenus de rester et/ou bénéficier de ces nouvelles stratégies résidentielles.

Insécurité. Bien que les chiffres s’améliorent, le sentiment d’insécurité tend à croitre. Les conditions de l’espace public jouent là un rôle important ; vendeurs ambulants difficile de contrôler, micro-trafic, mauvaise illumination et abandon de certains quartiers par les pouvoirs publics sont des facteurs clés souvent délaissés par les municipalités concentrées sur de grands projets. La solution fait débat, dans un pays rongé par la peur des groupes armées, et par défaut de l’autre, la sécurité passe souvent avant la liberté et l’égalité. En conséquence, le renforcement de la présence policière est généralement choisi, bien que d’autres alternatives à explorer émergent en vue du post-conflit.

Mobilité. La mobilité est un autre grand chantier de la capitale. Internationalement reconnue comme pionnière du système de bus articulés en site propre, Transmilenio est aujourd’hui saturé, vétuste et en crise financière. La ville tente aujourd’hui de construire sa première ligne de métro aérien qui traversera une partie de l’aire urbaine de l’ouest au nord, ainsi qu’un metrocable pour faciliter l’accès aux quartiers populaires situés sur les hauteurs du sud-ouest de la ville. Ces tentatives ont pour but d’offrir une alternative rapide et sure aux automobilistes qui sont de plus en plus nombreux du fait de l’augmentation des classes moyennes, tout en faisant échos aux impératifs de protection de l’environnement.

Intégration métropolitaine. Peut être l’aspect le plus important, l’intégration métropolitaine rêvée depuis des décennies souffre des aléas de la politique. Les besoins de la capitale en eau, la planification de réseaux de transports à l’échelle de l’agglomération et la localisation de nouveaux parcs de logements et d’industries en périphérie sont les principaux éléments qui prêchent en faveur d’un rapprochement des communes voisines de Bogota. Comme ailleurs, les questions liées au financement ralentissent des négociations pourtant inévitables dans le court moyen terme.

Quelle est ta ville de référence ? ou préférée ?

Je ne crois pas en avoir. J’aime en général les villes ou quartiers « inachevés », en mouvement, qui nous poussent à observer, comprendre et créer. J’aime la diversité, les mélanges qui parfois se rapprochent plus du chaos mais possèdent leur propre mode de fonctionnement. J’aime être confrontée aux différences, et suis plutôt attirée par des villes cosmopolites, vibrantes. Peut être un mélange de la « ville méditerranéenne » qui sait « vivre dehors » et de la « ville latino-américaine » avec son tourbillon permanent.

 

 

GRANDS ÉVÉNEMENTS SPORTIFS ET CULTURELS

15 étudiants

Cette année UdM suit et encadre le travail de quinze étudiants. Ces derniers passeront au minimum un mois à l’étranger et rédigeront un rapport d’une dizaine de page sur le thème de notre forum 2018: grands évènements sportifs et culturels. Ces rapports seront présentés en octobre lors de notre forum puis disponible sur notre site pour les adhérents de l’association.

3 continents

Nous sommes fiers de vous présenter les travaux de nos stagiaires en Amérique latine et centrale, en Afrique et en Asie !

 8 destinations

Bon voyage à Abidjan, Accra, Huê,  Le Cap, Marrakech, Mexico, Pékin et Rio  !


Beijing – Jeux Olympiques 2008 vs 2022


Rio de Janeiro – Jeux Olympiques et mobilités

 


Marrakech – La COP22 face au développement urbain

Du 7 au 18 Novembre 2016, tous les regards se sont tournés vers la ville de Marrakech qui accueillait la 22ème Conférence des Nations Unies pour le Changement Climatique. Depuis le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, cette conférence universelle offre un cadre global de négociations sur le changement climatique et sur les politiques à mettre en place pour lutter contre ce phénomène.

Le choix de Marrakech pour accueillir cette conférence internationale est loin d’être un choix anodin. Le temps d’une dizaine de jours, Marrakech a été le porte-voix de l’ensemble du continent africain qui apparaît aujourd’hui comme le continent le plus exposé au changement climatique. Bien que l’ensemble des pays africains ne contribue qu’à environ 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, sept des dix pays les plus menacés par le changement climatique sont en Afrique.

Cependant, la Conférence de Marrakech a surtout été l’occasion d’entamer une véritable transformation urbaine dans le cadre du projet « Marrakech, cité du renouveau permanent », lancé en 2014 par le roi Mohammed VI. Estimé à plus de 78 millions de dirhams, ce projet a pour ambition de transformer la ville ocre en une ville modèle en matière de développement durable que ce soit en terme de transport (service de vélos collectifs, agrandissement du tramway, service de bus électriques), de logement (développement d’éco-cités), d’énergie (panneaux solaires sur les mosquées, nouveaux éclairages urbains) ou d’espaces verts (création de nombreux parcs écologiques en centre-ville).

Mais au-delà de ces projets d’infrastructures dont l’ampleur reste encore assez limitée comme en témoigne le démantèlement de la Canopée qui a accueilli l’événement, nous nous intéresserons également aux politiques mises en place à cette occasion et à la manière dont l’ensemble des acteurs impliqués (élus, commerçants, urbanistes, universitaires, habitants de Marrakech mais également communautés d’étrangers, hôteliers, journalistes etc.) ont pu participer à cet événement et plus globalement au processus de transformation urbaine de la ville de Marrakech.

Harold King et Jules Lemoing


Abidjan- Les jeux de la francophonie

Abidjan est une ville en constant mouvement, des chantiers d’immeubles, de cités, et d’édifices nouveaux se succèdent partout dans la ville. Ces constructions émergent de façon organique dans la métropole. L’espace public est insaisissable, les marchands de rue et les logements informels se développent dans les nombreux interstices de la ville. Abidjan se redéploie après plusieurs années de crise politique. Dans ce cadre, les jeux de la Francophonie peuvent apparaitre à la fois comme une occasion politique de s’affirmer sur la scène francophone, et une occasion urbanistique pour rénover les infrastructures culturelles et sportives délaissée.

En ce sens, la CAN prévue pour 2021 s’inscrit dans une ligne comparable, pour positionner la ville sur l’échiquier panafricain. Néanmoins, la mise à profit des constructions et des rénovations opérées pour les Jeux de la Francophonie s’ancre dans un profond paradoxe : l’ancien village des Jeux peine à trouver une nouvelle vocation, et nombre de bâtiments rénovés devront prochainement être détruits. Notre étude vise ainsi à explorer comment devaient originellement s’articuler les jeux avec les plans urbanistiques de long terme de la ville, et à faire état de leur utilisation actuelle. Ces aménagements sportifs et culturels opérés dans un cadre institutionnel et international contrastent d’ailleurs avec la culture urbaine, où le maracana comme le zouglou se déploient hors les murs des édifices officiels. Notre étude se concentre ainsi sur une facette plus sensible des jeux, en les reliant aux habitants : Quel est leur ressenti, leur désir et leur degré de participation pour ces Jeux de la Francophonie ? Pour qui ces jeux sont-ils pensés, et à qui profitent-ils.

Helia Chevrant-Breton et Margaux Roche


Accra – Coupe d’Afrique des Nations

Événement panafricain très populaire en Afrique, la CAN attire toujours de nombreux visiteurs. Pour recevoir cet événement du 20 janvier au 10 février 2008, Accra s’est transformée, allant de la construction d’un stade à celle de plusieurs axes routiers, d’une nouvelle gare routière et d’hôtels.

Ainsi, à l’heure où Accra s’apprête à recevoir la CAN féminine, comment ont évolué les infrastructures en question ? Continuent-elles de profiter à la ville ? La ville est-elle prête à accueillir une nouvelle CAN en décembre 2018 ? Comment ces évènements intègrent-ils la population locale à court et long terme ? Le CAN 2018 sera-t-elle une occasion de promouvoir les femmes dans la sphère urbaine ?

Au travers l’étude de terrain que nous mènerons cet été à Accra, nous chercherons à répondre à ces questions en analysant l’efficience de ces deux grands événements.
Notre travail se divise en quatre grands points exposés dans le schéma ci-dessus.

Flore Couëdic et Laurie Magimel


Huê – Ville festivale

En phase de développement accéléré et au coeur de nombreux enjeux diplomatiques, le Vietnam tient aujourd’hui à affirmer sa stratégie culturelle à travers l’organisation de divers événements, à l’image du festival international de Huê. Afin de mettre en valeur et de diffuser l’image d’une ville patrimoniale et culturelle au centre du pays, le gouvernement vietnamien a en effet souhaité ériger la ville de Huê – promue patrimoine culturel du monde en 1993 – en « ville festivalière typique du pays », via une politique officielle municipale et gouvernementale. Organisé une fois tous les deux ans pendant une semaine, le festival Huê tend à revaloriser les valeurs culturelles traditionnelles, avec de multiples productions artistiques (musique, théâtre, calligraphique, etc.) et sportives sur plusieurs scènes.

Il parvient aujourd’hui à allier tradition et modernité, mais aussi local et international, puisqu’il ne cesse de se structurer et de prendre de plus en plus d’ampleur, au point de désormais pouvoir bénéficier pleinement du statut de « grand événement culturel ».

Si le festival international de Huê a peu été étudié dans le champ de la recherche, il soulève de nombreux enjeux, aussi bien civiques, environnementaux (la gestion de l’eau notamment), qu’en termes de gouvernance et de retombées économiques et urbanistiques (développement urbain et d’infrastructures). La présente mission vise donc à explorer ces différents enjeux, de multiples enseignements pouvant être tirés de l’analyse de ce festival et de l’expérience qu’il s’est constitué au fil de ses neuf éditions.

Sophia Boufferou et Ghézelaine Moumeni


Le Cap et la Coupe du Monde de football de 2010 : rétrospective

En 2010, c’est la première fois que la Coupe du monde de football se déroule sur le continent africain. Pour le pays organisateur, la Coupe du monde représente un levier de développement économique et d’intégration citoyenne. L’enjeu est en effet crucial en termes de cohésion sociale et de consolidation des identités nationales – et en Afrique du Sud plus qu’ailleurs, cet enjeu a rencontré un écho particulier. Encore aujourd’hui, le pays souffre d’inégalités criantes.

Nous avons choisi comme cas d’étude la ville du Cap, l’une des neuf villes hôtes du mondial de 2010. Ville duale par excellence, le Cap est une métropole côtière de 500 000 habitants où plus de 300 000 touristes se sont rendus lors de la Coupe du monde. En amont, la municipalité y a entrepris d’importants travaux de rénovation urbaine. Notre objectif, dès lors, est d’évaluer ces stratégies d’aménagement et leurs implications socio-spatiales.

De fait, conformément aux logiques observées lors de plusieurs autres mega events, les réaménagements urbains liés à l’accueil de la Coupe du monde n’ont pas permis d’amélioration durable des inégalités et de la cohésion sociale dans le pays hôte mais au contraire, ont surtout renforcé l’inscription spatiale des clivages de classe et de race dans les espaces urbains – à commencer au Cap. La construction de nouvelles infrastructures et de logements s’est traduite par l’expulsion de nombreux habitants. Nous souhaitons ainsi réfléchir au coût social des politiques de « modernisation » des villes pour l’accueil d’un événement comme la Coupe du monde, notamment pour les populations les moins favorisées et les moins influentes face à la puissance publique.

Paul Cukierman et Evelyne Offroy


Mexico – Formula E un pari vers le développement durable

Située à 2000 mètres de hauteur, Mexico est une des métropoles les plus importantes au niveau mondial. Au niveau national, il s’agit du centre économique, culturel et financier du pays, concentrant 20% du PIB national. Suivant la volonté d’engagement avec la révolution technologique des smart cities, la ville prit part à la Formula E dans sa cinquième édition en 2015. Le ePrix a eu lieu en Mars 2016 dans l’historique Autodromo Hermanos Rodriguez, et cette année la ville a reçu encore une fois cet événement sportif.

Dans ce cadre, nous étudions l’impact de ces évènements sportifs sur la société civile et le gouvernement local. Aussi, nous comprenons le sujet de la Formule E comme un nouveau paradigme pour les évènements sportifs durables en considérant qu’il n’y a pas eu un grand développement en termes d’infrastructure.

Pour répondre à ces questions, il faudra interroger les acteurs clés dans la gouvernance d’une grande ville, comme dans la société civile, le gouvernement local, et chez acteurs privés et académiques dans le domaine de la mobilité et du transport.  Notre but est de comprendre si un événement comprenant moins d’infrastructure afin réduire l’impact environnemental est néanmoins, capable de créer du développement et de l’innovation durable.

Carlo Epifanio et Macarena Gonzalez

Retour sur notre séminaire « Urbanismes et Architectures bioclimatiques »

Urbanistes du Monde a organisé le 31 mai à Paris son premier séminaire des partenaires. Il portait sur un thème d’actualité dans un contexte de réchauffement climatique avéré:
 
« Urbanisme et architecture bio climatique »
 

Ce séminaire a été un franc succès avec 120 inscrits et 80 participants. L’objectif pour Urbanistes du Monde était de s’ouvrir, plus encore qu’aujourd‘hui, aux professionnels de l’urbanisme du Nord comme du Sud.
Treize intervenants se sont succédés dans l’amphithéâtre de l’AREP, soit autant d’expériences opérationnelles, déclinées en 4 thèmes (la terre/le sol, l’eau/le paysage, l’airle feu/l’énergie) aussi bien en France (Métropole et Réunion) qu’au Mali, Cameroun, Benin, Liban, Maurice…
Parmi les partenaires qui sont intervenus, on peu citer : Craterre,  Arep, Expertise Urbaine, Targowla, Trans-faire, atelier LD, Karibati, Digui Nana, Topager…
Le système retenu en « Pecha Cucha » (Vingt diapos de vingt secondes) a rendu possible un beau débat avec la salle.

Pointe-à-Pitre et Doha

Les fiches villes/pays visent à identifier, les problématiques spécifiques liés à la mémoire de l’esclavage, et les initiatives qui ont été menées pour traiter de ce passé. 

Retrouvez nos premières fiches sur Pointe-à-Pitre et Doha: 

Pointe-à-Pitre, Guadeloupe (Par Edwin Jalentin)

Cette fiche présente l’histoire et les traces urbaines de l’esclavage à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Elle présente le Mémorial ACTe, édifié au bord de l’eau, sur le site de l’ancienne usine sucrière Darboussier, où l’on pratiquait encore le travail forcé au XIXe siècle. Le Mémorial ACTe explique l’histoire de la traite et de l’esclavage, de l’Antiquité à nos jours et constitue aussi un centre d’expression culturelle et artistique.

Doha, Qatar (Par Jérémie Molho)

Moins connue que la traite transatlantique, la traite des esclaves a néanmoins existé dans la péninsule arabique, et en particulier au Qatar où l’esclavage n’a été aboli qu’en 1952. La maison Bin Jelmood, un musée de l’esclavage, a été inaugurée en 2015 dans le cadre de la phase 1 du projet Msheireb, un vaste projet de régénération urbaine au cœur de Doha. Elle donne à voir l’histoire et la mémoire de l’esclavage, et aborde l’enjeu de l’esclavage moderne.

Répondez à notre questionnaire pour nous aider à préparer plus de fiches:

 

Présentation

Mémoire douloureuse, l’esclavage constitue de manière croissante un enjeu urbain. Exhumer les traces du commerce des esclaves, les mettre en valeur, pour rendre hommage aux victimes, apparaît comme une nécessité. Le risque de la destruction des traces de l’esclavage n’est plus seulement dû à l’incapacité de regarder de face les plaies du passé. Il relève désormais, à l’heure où l’urbanisation s’étend à une vitesse effrénée, d’un problème de gouvernance urbaine.

Voilà un enjeu autour duquel se trouvent réunis les villes de la traite dans leur diversité, en Afrique, mais aussi en Europe, dans les Amériques, les Caraïbes ou encore l’océan Indien. Pour les villes européennes, comme Bordeaux, Nantes, Bristol, Liverpool, la mémoire de l’esclavage est avant tout la reconnaissance d’une responsabilité historique dans le système de la traite. En Afrique, la mémoire de l’esclavage fait partie de l’une des composantes les plus sombres de l’héritage colonial. Des projets emblématiques ont vu le jour, sur l’île de Gorée, au large de Dakar, à Badagry, non loin de Lagos, ou encore à Ouidah au Benin. Enfin, aux Amériques et dans les Caraïbes, dans les villes où de nombreux habitants sont descendants d’esclaves, cette histoire, souvent refoulée, resurgit parfois à la faveur de transformations urbaines, comme dans le projet de Porto Maravilha à Rio.

L’ONG Urbanistes du Monde met en réseau des professionnels de l’urbain et des territoires à travers le monde, au service d’une ville durable, juste et innovante. En 2017, Urbanistes du Monde aborde la question de la mémoire de l’esclavage, à travers l’organisation d’un atelier de design urbain à Rio. A la suite de cet atelier, l’ONG s’engage dans la formation d’un réseau de villes pour la mémoire de l’esclavage.

Ce projet a pour but la création d’un réseau global, d’échanges, de recherche et d’actions, avec trois objectifs:

  • Interroger la manière dont la mémoire de l’esclavage peut être inscrit dans les politiques urbaines.
  • Faire des propositions d’actions concrètes qui permettront de valoriser les traces et la mémoire de l’esclavage.
  • Promouvoir des collaborations entre villes, chercheurs, acteurs du patrimoine et du développement urbain.

Ce réseau mènera principalement deux types d’actions :

  • La constitution d’une banque des savoirs et d’une plateforme de réflexion sur le sujet et sur ces villes
  • L’organisation d’un atelier urbain international annuel, articulé avec un cours en ligne, d’où sortiront des propositions concrètes pour ces villes.